Rendez-vous ici-même à partir de mercredi 9h30 pour le liveblogging du colloque Pari d'avenir 2008 !
On va demarrer en retard... C'est vrai qu'il fait chaud =A8=A4 Paris aujourd'hui, que c'est le mois de juillet et que le festival ne bat pas encore son plein...
21 participants présents pour l'instant... Et ça démarre !
Un colloque en forme de BarCamp.
Une question impertinente : comment peut-on se plaindre de la désaffection des filières scientifiques quand les scientifiques et docteurs ont autant de difficultés sur le marché du travail ?
Médiation vs. vulgarisation vs. communication
La culture scientifique une culture comme les autres ? Mais peut-on lâcher prise et ne pas se plaindre ensuite de la perte d'autonomie de la science ?
Se mettre d'accord sur ce qu'est la science : une façon d'appréhender le monde qui dépasse le cadre scolaire et du laboratoire.
Atelier : quels doivent être les objectifs de la culture scientifique ?
La science : une méthode (doute, esprit critique...) qui élève le citoyen.
Les objectifs affichés ne sont pas les mêmes que les objectifs réels !
Le rayon des livres scientifiques se réduit à la FNAC (à l'avantage des livres ésotérismes et religieux ?) : que penser ?
Et l'objectif de divertissement ? Un moyen mais pas une fin, ne permet pas le dialogue...
L'autre groupe qui a travaill=A8=A6 sur la notion de "culture =
scientifique" nous rejoint, les compte-rendus des discussions se feront demain matin, le colloque est lev=A8=A6 pour aujourd'hui.
Deuxième journée : reprise des discussions
Restitution du premier groupe de travail, le mien.
Desaffection des filières scientifiques : fiction ou réalité ? Française ou mondiale ? L'argument a en tous cas indéniablement apporté de l'argent à la culture scientifique et technique !
Restitution du deuxième groupe qui a réfléchi à la notion de "culture scientifique".
Plusieurs paradigmes : positivisme (la science comme valeur) puis valeur économique de la science.
Et si c'était une culture gratuite, "pour le plaisir" ?
Fossé avec le premier groupe de travail qui a mis la formation de l'esprit citoyen en avant.
Pour ce groupe, il s'agit de "mettre en appétit de science".
Les scientifiques ne sont pas les plus à même de mettre en appétit de science, notion de réseau et de tissu culturel avec divers acteurs.
Attention, deux sens au mot "culture" : celle qui s'oppose à la nature et celle que l'on étale comme la confiture.
Comme hier, formation des deux ateliers. Va pour réfléchir à des actions qui montrent la science telle qu'elle se fait.
Pour une histoire des sciences réaliste, au-delà des noms et des dates.
La science telle qu'elle se fait : pas que le laboratoire mais aussi la technique, l'ingénierie...
Idée que la science n'est pas a priori, donnée de toute éternité, mais le fruit d'un travail de recherche. Or à l'école, on attend des eleves qu'ils sachent.
La sociologie des sciences comme réenchantement de la pratique scientifique...
Et la fraude ? Norme ou exception ? Faut-il en parler ?
Pour accrocher les ados, ça marche de parler de la partie humaine de la recherche et adopter l'axe métier.
Les discussions sont levées pour aujourd'hui, rendez-vous demain !
Ça redémarre avec la restitution des deux ateliers d'hier (à lire dans les documents que je viens de poster).
La science ne propose pas de vision du monde mais ceux qui s'en emparent oui ?
Ainsi que les résultats, les images... qu'elle produit.
Après avoir débattu des conclusions des ateliers, les deux nouveaux groupes se forment. Va pour celui sur un "droit aux valeurs", l'autre atelier étant consacré à l'éthique de la communication de la science.
L'atelier était dans une pièce en sous-sol, pas pu bloguer, désole ! Le colloque est clos mais les discussions vont continuer, des contributions et compte-rendus seront publiés ici-même, et un manifeste sera peut-être rédigé in fine par le groupe TRACES de l'ENS.
Une citation de François Jacob (extraite de "Le courage du chercheur") :
"La science a en fait deux aspects.
Ce qu'on pourrait appeler science de jour et science de nuit.
La science de jour met en jeu des raisonnements qui s'articulent comme des engrenages, des résultats qui ont la force de la certitude. On en admire la majestueuse ordonnance comme celle d'un tableau de Vinci ou d'une fugue de Bach. On s'y promène comme dans un jardin à la française. Consciente de sa démarche, fière de son passé, sûre de son avenir, la science de jour avance dans la lumière et la gloire.
La science de nuit, au contraire, erre à l'aveugle. Elle hésite, trébuche, recule, transpire, se réveille en sursaut. Doutant de tout, elle se cherche, s'interroge, se reprend sans cesse. C'est une sorte d'atelier du possible où s'élabore ce qui deviendra le matériau de la science...
Ce qui guide l'esprit alors, ce n'est pas la logique. C'est l'instinct, l'intuition.
C'est le besoin d'y voir clair. C'est l'acharnement à vivre. C'est le courage..."
Une citation de Jean-Marc Lévy-Leblond (extraite de "Science's fiction" paru en 2001 dans la revue "Nature") : "Le scientifique est un rêveur impénitent. Loin d’en rester aux observations factuelles, il ne peut s’empêcher d’imaginer des situation fictives qui, parfois, s’avèrent exactes."
Une citation de Léon Chwistek : "Ce qui se passe dans l’esprit d’un savant au moment de la création est tout autre chose que la science. C’est de la passion, de la rêverie et peut-être de la folie. Mais il faut qu’à la fin, tout soit conforme au bon sens ordinaire."
Une citation de Richard Feynman : "Si l'on nous demande d'imaginer ce qui pourrait se passer dans une situation simple donnée et que nous répondons : "Je n'en ai aucune idée !", les gens vont penser que nous avons une bien pauvre imagination.
Ils oublient toutefois que ce qui est permis d'imaginer dans le domaine des sciences doit être compatible avec tout le reste de nos connaissances.
C'est ainsi que l'imagination scientifique est un jeu terriblement difficile.
On doit avoir de l'imagination pour penser à quelque chose qui n'a jamais été vu ni entendu auparavant, mais ces pensées sont en même temps contraintes par l'ensemble de nos connaissances.
Le problème d'imaginer quelque chose de neuf qui soit en même temps compatible avec tout ce qui est déjà connu est d'une extrême difficulté."
Voilà des citations qui ont guidé l'atelier sur la vision du monde proposée par la science, quand il a abordé la question de l'imaginaire dans la créativité scientifique…